L’important dans une vie

Que faire quand ce qu’on a de plus important nous est enlevé? Quand on en souffre au point de ne plus pouvoir en pleurer… Mais qu’est ce qui est vraiment le plus cher dans une vie? Que doit-on garder et plus que tout chérir?

Dans cet hôpital, il se demandait ce qu’il avait fait et ce qu’il aurait dû faire de sa vie. Ce qui était important.

 

Une personne en train d’écrire.
Le plus important pour lui c’était ses études.
CC: Hans via Pixabay

Il s’était réveillé ce matin, plein de force et d’énergie. Il avait enfourché son scooter, il s’était préparé à partir.

Ce jour, il l’attendait depuis longtemps. Il s’y était préparé. C’était le jour de son concours. Ce concours, il l’avait préparé, en avait parlé encore et encore autour de lui. C’était important, c’était sa chance, il ne devait pas la rater. Ce n’était pas un concours, c’était ‘’le concours ‘’.

Il voulait être fort, il voulait être grand. Sa force allait être son savoir, son savoir allait l’enrichir, le rendre grand. Il allait changer le monde, révolutionner son domaine et tout le tralala. Pour cela, il fallait qu’il travaille, il fallait qu’il étudie. Il ne devait pas échouer, il ne pouvait pas échouer. Il fallait donc qu’il parte, qu’il parte vite.

 

 

c’était sa chance…. mais il n’y arrivera jamais.

 

Là, au loin, c’était la voix de sa mère qui lui rappelait nul ne sait quoi. Il ne lui avait pas dit au revoir, comme d’habitude. Il accéléra, il ne devait pas être en retard, il devait bien travailler, c’était sa chance, le concours. Mais il n’y arrivera jamais.

 

La dernière chose qu’il vit, c’était un gros camion. Quelques temps passèrent, combien, il ne sut pas. Il se réveilla dans un hôpital.

 

Où était-il ? Que lui était-il arrivé? Était-il en train de mourir? Pourquoi n’arrivait-il pas à bouger?

Après un bref moment, les images de l’accident défilèrent dans sa tête. Celle du gros camion, de son scooter qui se mettait en pièce, tout lui revint en tête. Il comprit, il allait passer beaucoup de temps dans cet hôpital.

Un scooter en bon état.
CC:Igorovsyannykov/Pixabay

Une grande peur s’empara de lui, il n’arrivait toujours pas à bouger. Il est parfois difficile de dire par des mots ce qu’un cœur sur un visage inscrit. C’était comme s’il vivait dans un corps qui ne lui appartenait pas. Il avait raté son concours, son rêve, sa chance, le concours. Et de plus, il n’arrivait pas à bouger. Son père aussi, mourût dans une situation pareille. Il était mort sans être devenu fort, mort sans être devenu grand.

 

Il voulut pleurer, sans le pouvoir.

Il était tard, Ousmane, le Docteur Ousmane s’apprêtait à rentrer chez lui. C’était un homme calme, gentil. Il disait que si le corps des patients devait être guéri, leur esprit le devait encore plus. Certains disent qu’il aurait souffert d’une dépression sévère, lui, un Africain. On disait qu’il revenait de très loin.
Il allait partir quand une infirmière, entra dans son bureau. Elle lui expliqua qu’un jeune homme, un cas assez grave venait d’arriver. En hâte, il alla, avec de l’aide, s’occuper du jeune homme.

 

Son fils parlait au docteur, cet inconnu…

 

Le lendemain et les jours qui suivirent, il discuta avec le jeune homme aux rêves brisés. Il lui parlait d’on ne sait quoi.
Un jour la mère du jeune homme voulût entrer dans la chambre où était son fils. Elle vit  le docteur et son fils.  Son fils parlait au docteur, cet inconnu. Le docteur lui tenait la main. Et le jeune homme qui parlait, pleurait, aussi. C’était rare.

Il passa du temps dans cet hôpital, des jours passèrent, il commença à bouger et à guérir. Il regrettait ces moments qu’il avait passés sans sa mère, ses sœurs, qui pourtant étaient tout prêt de lui. Il voulait secouer le monde, peut-être comme Einstein et ses potes. Eux l’avaient fait mais n’étaient plus là pour le voir. Lui, il était là. Et il comptait bien en profiter.

Il parlait de plus en plus, lui, le taciturne;  à sa mère, à ses sœurs. Il passa du temps à regretter son concours, à se demander ce qui était réellement important. S’il avait réussi son concours il n’aurait pas pu être en ce moment avec sa famille, à rire et à discuter. Il aurait sûrement déjà trouvé un autre but.

Ces moments de joies parfois anodins…
CC: Sasint/Pixabay

Un jour, il se leva, et un autre jour il marcha et sortit de cet hôpital. Dehors, tout semblait si nouveau, si beau. Des morveux qui au loin se tiraillaient aux éboueurs qui passaient. C’était des humains qui bougeaient. Le ciel, les oiseaux, la poussière, il sentait tout. Il huma le vent, c’était plaisant. Il était heureux, il était vivant.

Ces temps passés dans cet hôpital lui ont appris, combien il était beau d’être avec ses proches. Il n’avait pas abandonné l’idée de devenir fort, non. Même si changer le monde ou écrire son nom dans l’histoire ne l’intéressait plus vraiment: à la fin, il ne sera plus là. Sa chance, il l’aura. Mais, il n’oubliera plus d’être présent, il n’oubliera pas les siens.

D’ailleurs, il n’oubliera pas non plus cet épisode de sa vie. Il était… vivant, ce n’était pas la fin de sa vie. Il allait en profiter pour vivre, c’était ça l’important; vivre.

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