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Opus #1 : « Traces de parcours » d'Anas Atakora

Anas Atakora. J’échange avec l’écrivain au Festilarts 2021. Je lui parle, entre autres, de procrastination. Il me rassure ; ça fait partie du processus. Je m’en veux moins. Il évoque « la main voleuse », un chapitre de Traces de parcours. J’acquiers le livre et je le lis assez rapidement. Je vous en parle ici.

C’est maman Mery qui commence le livre

Traces de parcours est destiné à Aziz. Un certain B. Aziz. C’est un ensemble d’avis, de conseils ; les suites des discussions avec Aziz. Un ancien élève devenu proche de l’auteur. C’est en réalité, un condensé du parcours d’Anas. Et c’est maman Mery qui étant au début du parcours commence le livre.

A maman Mery, du cœur et de l'esprit.
Traces de parcours

Aucun chapitre ne lui est consacré. Mais on peut voir sa présence tout au long du livre. Maman Mery, est la mère de l’auteur. La femme de son père. Une solide relation hors du sang.

Je suis le quatrième enfant d’une mère qui m’a laissé partir à l’âge de sept ans avec sa coépouse. (…) J’ai vécu sous l’aile maternelle de maman Mery, qui vendait du bois sec et des noix de palme.

Traces de parcours, 2019, p.15

Monsieur, c’est par manque de moyens…

Aziz évoque le manque de moyens comme une évidence pour justifier l’abandon. « Terrible phrase », écrit Anas, « que ce bout de « manque de moyens » qui terrasse des destins et cloue des vies ». Il revient là encore sur son parcours.

Nous étions tellement pauvres que très souvent, mon repas consistait à imaginer que j’ai mangé.

Traces de parcours, 2019, p.14

Pour l’auteur de Traces de parcours, le manque de moyens ne devrait pas être une excuse. « La faim ne peut rien devant une bande de copains aux rêves debout ».

19 chapitres, 1000 sujets

Ce qui unit les sujets abordés dans ce livre, c’est bien le titre. Traces de parcours. Anas Atakora y parle du danger que peut représenter la religion. Il dit que le Moi est adorable. Le « I », dans les textes en anglais, est debout, fier et toujours en majuscule. Anas, qui vit au Canada, évoque l’émigration, l’amour où il mettait plus sa tête que son cœur. Il rend hommage à un ami mort en 2005. « Absurdité » et « chaos politique ». Il salue la générosité.

Simple et profond

Traces de parcours est publié en 2019 aux éditions Awoudy. Il est facile à lire et retient l’attention. On y comprend la simplicité et la profondeur de l’auteur. Du Togo, le livre nous fait voyager. Canada, Etats-Unis, Mexique…

Le chaud soleil et le vent caressent les feuilles du citronnier. Les oiseaux ne chantent que timidement. Un lézard vient de tomber du mur. Il n’a pas mal, enfin, je ne lui ai pas demandé. Yaovi est à quelques kilomètres de moi. Je peux néanmoins le voir lire le chapitre « le chaos, l’amour » une enième fois. J’ai envie de lui dire que ça ne lui épargnera pas le goumin. Je n’en ferai rien.

Ce que je fais par contre, c’est recommander Traces de parcours. Il est destiné à B. Aziz, mais aussi à moi. Et peut-être aussi à toi. Comme moi, tu te reconnaitras un peu en Aziz. Pour sûr, comme moi, tu es… « Azizable ».

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wamo

Commentaires

Andy
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C'est un livre que j'ai pris plaisir à lire et à relire. Apprendre aux enfants à dire : *Non, merci*

Omaw Buame
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Très important oui. Non sous toutes ses formes. Le "non" pour la dignité, le "merci" pour la politesse.

Tchapo Cdrack Nabine
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la suite merci

Marek Abi
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Un rapport sur lecture qui donne envie de lire “Traces de parcours” tout de suite. Mais gare à l’auteur si son œuvre ne tient pas les promesses de ton magnifique hommage.
Parce que oui, là il ne s’agit plus d’un article de blog ou d’une fiche de lecture : il s’agit d’un putain de monstre d’hommage !

J’ai quand même foi de ce que je serai “azizé”

Omaw Buame
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Bien sûr que tu seras azizé . Merci pour le commentaire, à très vite.