Quacué avait échoué

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Quacué se portait pourtant bien quand il partait. Il n’était pas vraiment malheureux, des jours tristes il y en avait, mais pas tant que ça. Ce qu’il était parti chercher, il ne l’avait pas trouvé. Il avait échoué.

Ce petit village où Quacué naquit n’était plus vraiment le même. Il ressemblait de plus en plus à la grande ville, enfin à la ville tout court. Dehors, dans les rues, les discussions allaient bon train.

– Eh tu ne connais pas la nouvelle hein ? Je l’ai appris hier. Quacué est revenu d’Ablotsi*.

– Hum, revois ta source ma chérie. Il n’y était même pas arrivé. Il était chez les Agouda-yovo**, quelque part en Libye là-bas.

Dans ce village, cette ville en devenir, seul dans sa chambre, un jeune homme broyait du noir.

Homme assis seul dans le noir.
CC: Objectifemotion via Pixabay

Depuis son retour, Quacué restait dans sa chambre. Il sortait de temps à autre quand personne n’était présent ; ou la nuit quand tout le monde dormait, il sortait pour regarder le ciel. « C’est si beau », se disait-il. L’infini grandeur rappelant la petitesse de l’homme qui fait des plans et … qui échoue ou … réussit.

Ciel étoilé

Ciel étoilé
CC: Pexels via Pixabay

 

Lui,  avait échoué. Et on ne cessait de le lui rappeler encore, encore et encore. Le jour, il se cachait dans sa chambre. Il faisait le mort, non, l’absent, il s’effaçait. Il ne voulait pas voir les gens sourire, quand ils souriaient il se disait qu’ils se moquaient de lui.

 

Hier, Dziedzorm était venu le chercher, avant-hier aussi. En fait, elle vient tous les jours depuis son retour. Lui, ne veut pas la voir. Elle était pourtant avec lui tous les jours avant son départ.
En fait la vérité, c’est qu’il avait peur. Elle le comprenait mieux que quiconque. Si elle aussi arborait un de ces sourires moqueurs, il ne savait pas s’il pourrait supporter.

Jeune femme Africaine

Jeune femme Africaine.
Photo de numbercfoto via Iwaria.com

Le lendemain au soir, Quacué, dans le sombre-noir de sa chambre entendit encore sa voix, c’était sa sœur, son amie. C’était elle, Dziedzorm. Il prit son courage à deux mains et sortit de sa chambre. Son visage inexpressif croisa celui de la jeune femme. Et…elle aussi,  souria.

Mais son sourire, exprimait une telle joie. Quacué ne se sentait pas agressé, ce n’était pas un sourire moqueur.

Elle lui tint la main, et pour la première fois depuis son arrivé, il sortit de la maison, de jour. Les choses avaient réellement changé.

Dehors deux adolescents étaient en train de jouer

– « Yao, tu triches encore » s’écria l’un.

– « Va là-bas, avec ton visage compliqué là »

Quacué qui regardait la scène eut envie de rire, « Cet enfant n’a donc pas changé ? », demanda-t-il à Dzierdzorm.

Les deux marchèrent, encore, encore. Le soleil était encore à l’horizon au loin.

Une jeune femme et un jeune homme.
cc: Photo de Florentio via Iwaria

Le soleil qui se couchait était la promesse d’un jour nouveau qui bientôt se lèvera. L’échec, l’avait renforcé. Il s’était relevé, il s’était fortifié.


*: Occident

**: « Faux blancs »

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