Akonto, le patriote

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Les voleurs, les ennemis des peuples, ceux qui font du mal à nos nations ne sont pas toujours seulement ceux à qui on pense. Parfois ceux à qui on pense sont aidés par des gens qu’on ne soupçonne même pas. Il nous arrive de nous tromper.

 

Akonto lui ne se trompait pas, il ne se trompait jamais. Ceux qui faisaient du mal à son pays, son beau pays qu’il aimait tendrement (à sa manière), ce beau jeune homme les connaissait bien. Ces gens étaient bien entendu les dirigeants corrompus, ces voleurs de république, ces vieil hommes qui ont la bedaine.

 

Les dirigeants corrompus, ces voleurs de républiques

Il était dix-heures du matin, Akonto de son vrai nom Akonto-Yeyemplé Dovéto Kantata MATROMATRO qu’on appelait tout simplement Akonto pour ne pas faire penser à une incantation venait de se réveiller.

Heureux de s’être réveillé aussi tôt, il se débarbouilla, enlevant les crasses de l’avant-veille de son visage. Il ne voulait pas utiliser beaucoup d’eau, pas qu’il était devenu écolo, non, d’ailleurs il trouvait ces gens-là bizarre.

 

En réalité la faute était à imputer à ceux qui faisaient du mal à son pays, aux dirigeants corrompus, aux voleurs de républiques. Parce que s’ils aimaient vraiment le pays comme le patriote Akonto ils auraient rendu gratuite l’accès à l’eau dans toute la capitale.
Akonto s’habillait et s’apprêtait à sortir de la chambre que lui avait loué son oncle à son arrivé du village. Il fallait le voir ce matin-là pour être convaincu que négliger son hygiène corporelle à ce point devrait être un délit.

 

Il sortit donc de sa chambre avec son outil de travail, une moto chinoise non immatriculée qui lui servait à faire son travail de conducteur de taxi-moto. Pourquoi n’avait-il pas immatriculé sa moto? Réponse simple, il n’avait pas à nourrir avec l’argent de son travail ces dirigeants corrompus, ces voleurs de république…
Il faisait son travail en marge de ses études universitaires.
En effet après son quatrième essai il avait fini par avoir son baccalauréat et avait eu la chance d’être envoyé en ville pour poursuivre ses études universitaires. Là, il s’est rendu compte combien il était difficile de suivre des cours de macro-économie ou tout autre dans un amphi aussi rempli d’individus qui de surplus dégageaient des odeurs… euh peu appréciable.
Akonto avait compris que suivre ces cours était une perte de temps et qu’en conduisant sa moto il gagnerait de l’argent. De plus ces cours étaient incompréhensibles. La faute était à imputer à ces voleurs de républiques, s’ils aimaient vraiment le pays et la jeunesse du pays ils auraient prévu des cours moins compliqués, oui, et des universités dans toutes les villes du pays. Lui aimait son pays et avait compris, l’argent n’était pas à l’école.

 

De l’eau gratuite dans toute la ville, des cours moins compliqués

Il prit donc sa moto pour aller gagner de l’argent. Il sortit de la maison et dépassa le dépotoir « sauvage » qu’il avait créé avec l’aide de ses voisins pour trouver un ou deux clients. Oléyia ! Une dame qui sortait d’une grande et belle maison l’appela. Une grande… une belle maison… logiquement c’était forcément une des maisons de ces voleurs de républiques, ces gens corrompus.

Maison de luxe – CC: PaulBr75/Pixabay

Lui Akonto étant un bon et honnête citoyen ne pouvait jamais s’offrir une telle maison.
Après avoir trainé çà et là Akonto se préparait à rejoindre une « base », nom qu’il donnait aux lieux où se reposaient les conducteurs de taxi-motos, lieu où il devait avoir de l’ombre et un vendeur de journaux.

 

L’attendant à la base, le vieux conducteur de taxi-moto Nunyal expliquait à ses jeunes collègues combien ils devaient avoir confiance en eux même, combien ils devaient travailler, combien ils devaient supprimer les impossibilités, ils leurs disaient qu’ils pouvaient s’en sortir, que jamais ils ne devaient perdre espoir. Ils leurs expliquait que la nuit dans peu de temps allait faire place au jour.

La nuit qui fait place au jour
CC: Paulbr/Pixabay

Ne jamais perdre espoir

 

Un élève ne sachant pas combien Akonto était pressé d’aller se reposer après cette longue matinée de travail de moins de deux heures, voulait traverser la route quand Akonto, lui, passait. Énervé, le jeune conducteur cria « dégage ».

 

Ah oui « dégage » ce mot béni. Il devait aller le scander encore la semaine prochaine lors d’une manifestation.
Que voulez-vous, il faut bien que quelqu’un fasse partir ces gens-là, ces dirigeants corrompus, ces voleurs du peuple. Les seuls qui font que les pays n’avancent pas.

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  2 comments for “Akonto, le patriote

  1. Aimé de Dieu
    23 octobre 2017 at 23 h 14 min

    tres interessant ta petite histoire,mais dommage qu’akonto n’ait plus voulu continuer ses etudes en blamant chaque fois les dirrigeants,certes c’est compliqué mais cest la fin qui compte.merci

    • Omaw BUAME
      30 octobre 2017 at 12 h 58 min

      Oui en effet Aimé, c’est vraiment dommage. J’espère te voir plus souvent ici. A bientôt.

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